Solange Jungers (1974-)


Promenée dans le désordre diogène maternel et fascinée par les murs-reliques de son Espagne "pueblecina", l'art de SJ s'est  comme naturellement tourné vers le questionnement plastique du premier accès à la photographie, à la fiction et à la mémoire : la photo de famille.

La dentelle aux fuseaux et la broderie sont parmi les moyens plastiques privilégiés de cet art faussement domestique et féminin. Le fil ici est brutal et désordonné ; il est finesse et rudesse. 

Narratifs, les travaux explorent l'aspect fictionnel de l'art figuratif en mélangeant -sans le dire- photos personnelles et photos trouvées d'inconnus. 

Les oeuvres de SJ montrent un réalisme fantastique encore renforcé par les mises en situation. Ici une installation de fausses robes de mariées séchant au vent, là une cabane aux cloisons tissées de photos trouvées. Et encore ses peintures comme surexposées, floues, voilées et mal cadrées.

Les surfaces sont abimées, les fils et les bois à vif. Comme une esthétique de l'imparfait, ces éraflures et autres retours sur la matière questionnent en même temps la durée de l'oeuvre, le travail de l'artiste entre l'irruption et la disparition du sujet. 


Solange Jungers (1974 - )
Déjà pour son doctorat en histoire de l'art, Solange Jungers avait développé une esthétique du vernaculaire et du banal dans la création. D'abord enseigante-chercheuse et médiatrice en arts, elle se tourne en 2006 vers une pratique artisanale dans des créations uniques combinant des tissus basiques avec des matières anciennes rares. Ce seront aussi des animaux en tissus artificiellement usés. C'est à partir de 2012 que SJ expose pour la première fois en France et en Espagne.